Hans Rudel     Hans Rudel      1stg2

La version Ju87G étant catégorisée dans la Luftwaffe comme étant un “ Panzerjäger ” (“ chasseur de char ”), Rudel pris le mot “ chasseur ” au premier degré au point qu'il fit peindre sur son avion des marques d'identification normalement réservées aux appareils de chasse. Les liens entre Rudel et le Ju 87 furent si étroits et si glorifiés par la propagande que lorsque l'appareil disparut des autres unités de la Luftwaffe pour des raisons d'obsolescence, seul la StukaGeschwader 2 qu'il commandait le conserva, même si ce fut pour l'utiliser en parallèle avec des appareils de conceptions plus modernes tels que le Focke-Wulf 190. Dès lors, armé de ces canons, les attaques de Rudel contre les troupes Soviétiques vont véritablement tourner au carnage, en particulier contre les bateaux amphibies, les chars et les véhicules de tous ordre dont Rudel détruira plus de 800 exemplaires.

Au sein du groupe I./St G2, Rudel, qui a mis en place deux escadrilles de Ju 87G2 antichars, détruits plus de 70 embarcations dans la région de Kuban lorsque les troupes russes traversent le Don. En mai 1943, Hitler lui attribue la Croix de fer avec feuilles de chêne. Lors de sa première mission sur Koursk, Rudel détruit 12 chars de combat soviétiques et reçoit en juillet le commandement du III./StG 2. Au mois de novembre il parvient à mettre hors de combat plus de 100 chars et reçoit alors la Croix de fer avec feuilles de chêne et épées. Rudel est promu Geschwaderkommodore du StG 2 en mars 1944 et, le 26 du même mois, détruit 17 nouveaux chars de combat. Il totalise alors 1500 Missions de combat. Peu après ce nouvel exploit, Hitler le décore de la Croix de fer avec feuilles de chêne, épées et diamants, décoration attribuée à seulement 27 reprises.

Le 1er septembre 1944, Rudel est promu Oberstleutnant (Lieutenant-Colonel). Le 1er janvier 1945, le Fuhrer lui attribue la Croix de fer avec feuilles de chêne et épées en or et diamants, décoration suprême créée le 29 décembre 1944 et dont Rudel reste le seul titulaire. Ainsi, début 1945, Rudel devient le combattant allemand le plus décoré avec notamment la croix allemande en or, l'insigne des Pilotes en diamant, le fermoir du combat rapproché en diamants pour deux mille sorties, et la Croix de fer avec feuilles de chêne et épées en or et diamants.

Ferenc Szálasi lui décerne la médaille pour la bravoure hongroise, plus haute décoration militaire de ce pays, en remerciement de sa lutte contre le bolchevisme en Hongrie. En plus de ses décorations, il reçoit également l'interdiction de voler, le Reich ne souhaitant pas qu'un tel as puisse être descendu. Malgré cet ordre, Rudel continue de prendre part au conflit, soit avec l'autorisation personnelle d'Hitler, soit simplement en désobéissant.

Le 8 février 1945, il est à nouveau blessé à la cuisse droite par un obus anti-aérien. Il ne doit la vie sauve qu'à la présence à ses côtés de son mitrailler, Ernst Gadermann, qui se trouve être le Médecin Chirurgien de l'unité et qui parvient à stopper l'hémorragie, permettant à Rudel de se poser. Sa jambe est amputée peu après mais en avril il reprend les airs et détruits 26 chars russes jusqu'à la capitulation. Il se rend aux forces alliées le 8 mai 1945 aux commandes de son Ju 87G2.

En 1948, il émigre en Argentine et devient le confident du dictateur argentin, Juan Perón. Il écrit un livre intitulé In Spite of Everything, se caractérisant entre autres par une certaine compréhension à l'égard des thèses nazies, et un livre de mémoires Pilote de Stuka, retraçant sa carrière. Même avec une jambe en moins, il reste un sportif accompli, joue au tennis et goûte aux joies du ski. Il escalade même le plus grand haut sommet américain, l'Aconcagua (7020 mètres) et, par trois fois, gravit les pentes du plus haut volcan sur Terre, le Llullaillaco, qui culmine à 6920 mètres en Argentine.

Rudel retourne en Allemagne de l'Ouest en 1953 et rejoint le Deutsche Reichspartei. Dans l'Allemagne d'après-guerre, il est un homme d'affaires heureux, mais politiquement controversé du fait de ses affinités avec les partis de la droite nationaliste allemande. Il décède à Rosenheim en 1982, et est enterré à Dornhausen.

Au total, Rudel a réalisé plus de deux mille sorties sur presque tous types de Ju 87 et environ 400 à bord du Focke-Wulf 190, soit un total de 2530 missions de combat, représentant toujours un record mondial. Il a détruit près de 2000 cibles au sol (dont 519 chars), mais on compte également parmi ses “ victoires ” un cuirassé, deux croiseurs et un destroyer ainsi que 9 victoires aériennes homologuées. Il a été descendu 32 fois (derrière les lignes ennemies), mais est toujours parvenu à s'échapper malgré les 100 000 roubles de récompense que Staline en personne avait placés sur sa tête. Les données de Rudel ont également servi au développement du Fairchild A-10 Thunderbolt II.

Sitographie : http://www.cieldegloire.com/001_rudel_h_u.php

.Junkers Ju 87