Jules Joire naît à Roubaix, le 29 août 1914, il est le fils de Jules et Marie-Thérèse Joire. Très jeune, il s'intéresse aux activités bancaires de sa famille, en France et en Belgique. Également attiré par l'aviation, il parvient à intégrer l'école de pilotage d'Istres en 1934, et obtient son brevet de pilote. Particulièrement doué, il décide de s'orienter vers la chasse, et est affecté à la fin de l'année 1935 au groupe I/42, alors équipé de chasseurs Dewoitine D.501. Le groupe I/42 devient GC I/4 en 1936, et Jules Joire, alors sergent, revient à la vie civile en tant que réserviste après son passage au service national.
En août 1939, la situation internationale s'étant considérablement aggravée, Jules Joire est appelé comme tout réserviste à rejoindre l'armée. Il intègre, le 1er septembre, la première escadrille du GC I/4, la spa 95. Il dispose a présent d'un nouveau chasseur d'origine américaine : le Curtiss "Hawk" 75. Le "Hawk" n°115 lui est attribué, ainsi que le code "13". La guerre est déclarée le 3 septembre, mais Jules Joire dispose de quelques mois pour se familiariser avec le nouvel appareil mis à sa disposition. Au mois de novembre, le GC I/4 s’installe dans le nord de la France, et au cours de l'hiver aucune occasion de se mesurer avec les appareils allemands ne se présente, durant la "drôle de guerre".
Sa première victoire est obtenue le 10 mai 1940, la Luftwaffe lançant ses premières attaques. Le sergent Jules Joire ainsi que deux autres pilotes décollent afin d'intercepter de nombreux bombardiers repérés non loin de leur position. Il parvient à abattre un Heinkel He 111 qui est contraint d'aller se poser en catastrophe au Luxembourg. Les troupes allemandes envahissant la Hollande et la Belgique, le GC I/4 est déplacé à Dunkerque, moins proche du front. La majorité des affrontements aériens auront alors lieu au-dessus de la Belgique. Jules Joire abat un deuxième Heinkel 111 le 13 mai 1940.
Cinq jours plus tard, il descend un troisième Heinkel dans la matinée, puis deux Messerschmitt 109 durant l'après-midi, ce qui fait de lui un as avec cinq victoires.
A la fin du mois de mai 1940, les appareils du GC I/4 se replient vers Villacoublay, mais sont privés d'une grande partie du personnel et du matériel, capturés par l'armée allemande encerclant les troupes françaises à Dunkerque. Malgré cela, les pilotes du GC I/4 parviennent à accomplir de nouvelles missions, Jules Joire parviendra à abattre un Do 17 dans les environs d'Arras, sa sixième et dernière victoire de la campagne de France.
Lors d'une ultime mission, il est blessé à la tête et à la cuisse alors qu'il tente d'attaquer une formation de bombardiers de la Luftwaffe. C'est donc depuis l’hôpital qu'il assistera à la défaite française en juin 1940.
Son père lui rend visite au mois de juin, et lui rappelle que son devoir est de défendre la France à tout prix. Le sergent Jules Joire rejoint alors Douarnenez afin de s'embarquer pour l'Angleterre, et d’intégrer les Forces Françaises Libres sous le commandement du général de Gaulle. Il est nommé adjudant-chef, et embarque sur le porte-avions Ark Royal. Sa mission est de rejoindre le GC I/4 basé en Afrique du Nord, près de Dakar, afin de persuader les pilotes français de se joindre aux forces britanniques et de continuer la lutte face à l'Allemagne.
Le commandant du groupe refuse d'obéir à Jules et à ses trois compagnons qui sont désarmés et emprisonnés. Ils ne seront libérés en métropole qu'en janvier 1941, puis démobilisés. L'adjudant Joire reste deux ans en zone Française Libre, puis tente à nouveau de rejoindre la Grande-Bretagne et passant par l'Espagne. Arrêté par les milices franquistes, il passera deux mois en prison avant de rejoindre le groupe de chasse "Normandie" en URSS, en octobre 1943. Il découvre alors le chasseur soviétique Yak-9 qu'il apprend vite à maîtriser, profitant de son expérience au combat depuis le début du conflit. Il intègre ensuite la troisième escadrille menée par le lieutenant Lefèvre.
Il n'aura malheureusement jamais l'occasion de se mesurer à nouveau aux appareils de la Luftwaffe. Victime d'une collision avec un autre avions du groupe "Normandie", à moins d'un mois de la reprise des combats. Il parvient à s'éjecter du Yak-9 très endommagé, mais son avion revient vers lui et arrache la toile salvatrice de son parachute. Il est alors enterré à proximité du terrain de Toula, le jour même de sa nomination au grade de sous-lieutenant.
Sitographie : https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jules-joire