Adolf Galland Adolf Galland    jv44

En 1942, au plus dur de la guerre aérienne sur tous les fronts, un jeune colonel qui n'avait même pas 30 ans fut nommé inspecteur général de toute l'aviation de chasse du Reich. Cette promotion récompensait le plus prestigieux des pilotes de la Luftwaffe, Adolf Galland, dont le seul rival possible, son ami Werner Molders, venait de tomber "en plein ciel de gloire"... Descendant d'un protestant français, Jacques Galland, qui avait émigré en Allemagne au milieu du XVIIIè siècle, Adolf était un homme de taille moyenne, aux cheveux sombres plaqués en arrière et le visage orné d'une fine moustache noire qui lui donnait une allure davantage sud-américaine que germanique. Il avait l'habitude de mâchonner perpétuellement un énorme cigare de La Havane et affectait une décontraction féline qui semblait sans aucun rapport avec la stricte discipline prussienne. Pourtant cet aviateur était une redoutable bête de guerre.

On dit même que sa photographie ornait les popotes de ses adversaires de la Royal Air Force, accompagnée de cette légende éloquente: "Faites attention si vous le rencontrez, cet homme est dangereux!" Pourtant, au début de sa carrière, rien ne semblait prédisposer le jeune Adolf Galland à devenir un des plus redoutables guerriers du IIIè Reich. Sa seule ambition était de piloter un avion ou faute de mieux un planeur. Il s'entraîna pendant trois ans, tout en préparant son bachot et en se heurtant à l'hostilité de sa famille. Il fut parmi les 4 000 candidats à se présenter pour obtenir une des vingt places disponibles à l'école de l'aviation civile, la Lufthansa. L'examen dura 10 jours d'impitoyable sélection. Adolf Galland fut un des rares à triompher de toutes les épreuves. En 1932, il rejoignit donc l'école de Brunswick. Il apprit à piloter un appareil à moteur, s'initia à l'acrobatie et fit même un stage dans l'aéronavale sur la Baltique. Au printemps de 1935, le nouvel officier fut affecté à la célèbre Geschwader (escadre) Richthofen, enfin reconstituée. A sa 7ème victoire, Galland reçut la Croix de fer de 1ère classe.

Après le suicide d'Ernst Udet et la mort de Werner Molders, le major Galland fut appelé par le maréchal Göring, à l'issue de la cérémonie funèbre: - Maintenant, c'est votre tour, lui dit-il. Je vous nomme commandant en chef de la chasse allemande. Cette promotion s'accompagnait du grade de colonel, mais le célèbre aviateur ne quitta pas sans regrets la tête de son escadre. Galland dut prendre l'avion pour Berlin où un bureau l'attendait au ministère.

Galland, qui n'avait désormais d'ordres à recevoir que de Göring et de Hitler lui-même. Le 26 avril 1945, le lieutenant-général Adolf Galland décollait de Riehm, près de Salzbourg, pour sa dernière mission de combat.

Il attaqua des Marauders alliés mais fut pris à partie par des Mustangs. Il réussit avec peine à regagner son terrain, bouleversé par un terrible bombardement. Quinze jours plus tard, à l'approche des premiers chars alliés les pilotes de l'escadrille Galland faisaient sauter leurs derniers Messerschmitt à réaction 262. La guerre était finie. Les aviateurs allaient devenir des prisonniers, tandis que les explosions se succédaient aux explosions, les incendies aux incendies. Sabotés par leurs pilotes, les appareils de la Luftwaffe disparaissaient au milieu des gerbes de flammes. C'est dans un véritable décor de Crépuscule des dieux wagnériens qu'Adolf Galland achevait comme son Führer Adolf Hitler une grande aventure.

Il n'avait que 33 ans...

Sitographie : http://www.cieldegloire.com/001_galland_a.php

Messerschmitt Me 262