Pierre Clostermann, fils de diplomate, naît le 28 février 1921 à Curitiba, au Brésil. A l'âge de 9 ans, il est envoyé à Paris pour ses études, et effectue son secondaire à Notre-Dame de Boulogne, à Auteuil. Il prend place pour la première fois dans un avion à Biscarosse en 1935, et se découvre immédiatement une passion sans limite pour l'aviation. De retour au Brésil après son baccalauréat, il apprend à piloter dans un club local de pilotage, ayant pour instructeur le virtuose allemand Karl Benitz. Il obtient son brevet de pilote en 1937. À l'annonce de la Seconde Guerre Mondiale, il tente de s'engager dans l'Armée de l'Air Française, mais considéré comme étant trop jeune, sa proposition est rejetée. Il continue alors ses études aux Etats-Unis, et obtient le diplôme d'ingénieur aéronautique de la Ryan School aux Etats-Unis. Il exerce également une activité de pilote commercial à San Diego en Californie.
La défaite Française face à l'Allemagne et l'Armistice de 1940 sont pour lui une cruelle déception. Apprenant l'appel du général de Gaulle par la presse; il rejoint aussitôt l'Angleterre, et s'engage dans les FAFL, (Forces Françaises Aériennes Libres). Il commence à cette occasion la rédaction de carnets, destinés à ses parents au cas où il viendrait à perdre la vie durant la guerre, dans lesquels il décide de relater les événements marquants de sa vie pendant le conflit. Il est d'abord élève pilote au Royal Air Force College de Cranwell pour apprendre le métier de pilote de chasse, puis il est envoyé à Rednal dans le Pays de Galles, pour suivre un cours de conversion sur Spitfire, le meilleur chasseur Britannique de l'époque. Il est par la suite affecté au 341th squadron "Alsace", constitué de pilotes français, et commandé par le célèbre pilote René Mouchotte, qui disparaîtra le 27 Août 1943.
Dès ses premières missions, Pierre Clostermann montre à ses équipiers sa témérité et sa grande virtuosité, il obtient ses deux premières victoires sur des Focke Wulf 190 le 27 juillet 1943. Un mois plus tard, il attaque seul une formation ennemie et abat un nouvel appareil. Il est ensuite affecté au RAF 602th squadron "City of Glasgow", équipé également de Spitfire IX, qui rassemble des pilotes britanniques et étrangers. Il prend part à diverses opérations en Normandie, abattant cinq autres appareils, et détruisant de nombreuses cibles au sol. Il a bientôt le bonheur de fouler à nouveau le sol français libéré.
Promu sous-lieutenant, il est quelque temps retiré du service actif, l'état-major souhaitant préserver ses officiers du stress et de la fatigue accumulés durant ces longues missions de combat. Manifestant énergiquement son profond désir de continuer la lutte, il est envoyé à Volkel en Hollande pour un cours de conversion sur Typhoon, puis sur Tempest. Il est affecté au 274th squadron, équipé de ces nouveaux appareils, puis au 56th squadron, et enfin au 3rd squadron, au sein duquel il occupe la fonction de chef d'escadrille.
Provisoirement placé à la tête de la 112ème escadre de la RAF, il se lance à l'attaque de la base aéronavale de Grossembrode, au Danemark, malgré la très forte concentration de chasseurs allemands. Il s'adjuge trois nouvelles victoires, et détruit 4 appareils au sol. Il participe également à deux victoires sur Messerschmitt 109 et Focke Wulf 190. Lors de cette opération, 14 chasseurs allemands sont abattus contre 10 britanniques.
À la fin de la guerre, Pierre Clostermann totalise 2000 heures de vol dont 600 en mission de guerre, 33 victoires homologuées et 5 probables, ce qui fait de lui le Premier Chasseur Français de la seconde guerre mondiale. Il détruisit également 225 camions, 72 locomotives, 5 tanks, 2 vedettes lance-missile, 1 sous-marin, et une très grande quantité de matériel ennemi. Après le conflit, il exerce à nouveau son métier d'ingénieur aéronautique à Paris, (1946-56), et entame parallèlement une carrière politique : il devient député du Bas-Rhin, (1946), de la Marne, puis de la Seine (1956-58). Ses carnets rédigés durant le second conflit mondial sont rassemblés et publiés en 1948 : "Le grand cirque" est un énorme succès et est devenu une véritable référence pour tout amateur d'Histoire aéronautique. Il reprend du service lors de la guerre d'Algérie, et est promu lieutenant-colonel de l'Armée de l'Air.
Il devient député de Seine et Oise, (1962-67), puis des Yvelines, (1967-69). Il devient PDG en 1970 de la société Reims-Aviation, qui construira plus de 5000 appareils, il est également vice-président de la Cessna-Aircraft Company, et administrateur de la société des avions Marcel Dassault-Bréguet à partir de 1977. Pierre Clostermann a passé une retraite amplement méritée, et a pu pratiquer librement sa passion pour la pêche. Il s'est souvent rendu à des meetings aériens ou d'autres importants événements aéronautiques. Ce symbole vivant de l'Aviation Française, qui a été à l'origine de tant de vocations, nous a quittés le 22 mars 2006, à l'âge de 85 ans. Nous regretterons tous ce grand pilote et cet écrivain à succès, qui nous a tous fait rêver et aimer l'aviation, à travers ses œuvres.
Pierre Clostermann était détenteur des décorations suivantes :
- Grand croix de la Légion d'Honneur
- Compagnon de la libération
- Médaille Militaire
- Croix de Guerre 39/45 (19 citations)
- Croix de la valeur Militaire (2 citations)
- Distinguished Flying Cross & Bar (UK)
- Distinguished Service Order (UK)
- Silver Star (US)
- Air Medal (US)
- Chevalier de l'ordre du Saint Sépulcre
- Médaille de l'Ordre du Dannebröd (décernée par le roi Christian X du Danemark le 23 juin 1945)
Sitographie : https://pierre.clostermann.org
Bibliographie :
- Le Grand Cirque (1948)
- Feux du ciel (1951)
- Appui-feu sur l'oued Hallaïl (1958)
- Des poissons si grands (1963)
- Spartacus l'espadon (1989)
- Une Sacrée guerre (1990)
- Mémoires au bout d'un fil (1994)
- L'Histoire vécue. Un demi-siècle de secrets d'État (1998)
- Le Grand Cirque 2000 (2000)
- Une vie pas comme les autres (2005)