Jean Assollant       Jean Assollant   Escadrille Groupe 3/6 5

Jean Assollant nait en septembre 1905 à Versailles. Dès son plus jeune âge, il aspire à une vie de voyages et d'aventures. Après ses études au Mans, il devient marin, officiant d'abord comme simple matelot, puis comme élève-officier de la marine marchande sur un cargo de l'Atlantique-Sud. Il quitte cependant la marine en 1924, désireux de rejoindre l'aviation. Il s'engage à 19 ans dans l'aéronautique militaire, et passe son brevet de pilote à Istres. Il est alors affecté à la 5ème escadrille de chasse du 34ème régiment du Bourget. Volontaire pour participer aux opérations au Maroc lors de la guerre du Rif, Jean Assollant effectue de nombreuses missions de reconnaissance, ce qui lui vaut de recevoir la Croix de Guerre, la Médaille Coloniale et le grade de sergent, avant de revenir au 34ème régiment. Il commence ensuite à effectuer de nombreux raids.

En 1927, il accomplit avec le commandant Pierre Weiss un parcours de 8000 km à travers l'Europe, jusqu'en Russie. Sa tentative de raid France-Indochine en 1928 se solde par un échec, avec un accident en Turquie. Jean Assollant ne se décourage cependant pas, envisageant même un projet plus ambitieux encore : la première traversée de l'Atlantique Nord. Le ministère de l'Air lui confie un monomoteur Bernard 191GR acheté par Armand Lotti, surnommé « Oiseau Canari ». Cet appareil monoplan à aile haute, équipé d'un moteur Hispano-Suiza 12Lb de 600 cv, peut atteindre 245 km/h. Jean Assollant tente une première fois la traversée avec cet appareil le 6 septembre 1928. Décollant de Dugny, il rencontre cependant de très mauvaises conditions climatiques, et est contraint à l'abandon. Il se détourne donc vers Dakar, se posant finalement à Casablanca. Il rencontre dès lors d'importantes difficultés, et préfère quitter l'armée de l'Air, pour rejoindre New York d'où il souhaite rééditer sa tentative.

Le 13 juin 1929 à 10h18, Jean Assollant, René Lefèvre et Armand Lotti décollent de la plage d'Old Orchald, près de Boston. Ce décollage se montre particulièrement difficile, à la grande surprise des trois hommes. Jean Assollant, ne parvenant pas à prendre de l'altitude, commence à envisager un nouvel abandon, lorsqu'un passager clandestin, Arthur Schreiber, apparait à l'arrière de l'appareil.

Le jeune américain est amené à l'avant de l'avion afin de rééquilibrer ce dernier, ce qui permet, au grand soulagement de l'équipage, de continuer la traversée. Cette initiative bien malvenue de la part du jeune homme contraint cependant Assollant et ses équipiers à jeter à la mer une partie du matériel embarqué, afin de ne pas alourdir l'appareil.

Les mauvaises conditions climatiques au-dessus de l'Océan conduisent à une déviation vers le Sud. « L'Oiseau Canari » atteint les côtes d'Espagne le 14 juin, et se pose à 20h42 sur la plage de Comillas, près de Santander dans la province de Cantabrie, après un vol de 29 heures et 22 minutes. L'équipage redécolle le 16 juin pour Cazaux, puis le Bourget, où il reçoit un accueil triomphal.

Jean Assollant reçoit la Légion d'Honneur, qui lui est remise par son père, le colonel Assollant. Il reçoit également la médaille d'or de l'Aéroclub de France. Les trois hommes entament alors une tournée à travers l'Europe sur « l'Oiseau Canari ». Jean Assollant se consacre ensuite à établir de nouveaux records. Il effectue un vol en ligne-droite Oran-Karachi de 6600 km en 36 heures, puis réalise la première liaison aérienne France-Madagascar en 1934.

Il décolle le 14 juin avec un SPCA 18 , effectue des escales à Tripoli, Benghazi, Le Caire, puis arrive le 14 juillet à Tananarive, où il décide de s'installer. Nommé chef-pilote à Madagascar, Jean Assollant travaille à la mise en place d'une liaison régulière France-Madagascar. Il raccorde d'abord le réseau malgache à la ligne britannique Imperial Airways (Londres-Le Cap), puis à Elisabethville au Katanga (aujourd'hui Lubumbashi en République démocratique du Congo), d'où le courrier peut être acheminé une semaine sur deux vers Alger, puis Paris. Jean Assollant exprime cependant le souhait d'instaurer une liaison directe France-Madagascar hebdomadaire.  Nommé le 9 février 1938 chef du service de l'Aéronautique Civile Malgache par le gouverneur Léon Cayla, Jean Assollant s'attache d'abord à organiser le réseau intérieur de l'île, mais n'a guère de temps pour se consacrer à ses projets.

En 1939, il se porte volontaire lors de la déclaration de guerre contre l'Allemagne, et rejoint la France. A sa demande, il intègre le Groupe de Chasse III/6 début novembre 1939. Du fait de ses états de service précédents dans l'armée de l'Air, et de ses fonctions civiles importantes, il est affecté à l'état-major de ce Groupe de Chasse. Son poste de commandant en second du GC III/6 lui vaut de ne réaliser qu'un nombre restreint de missions, intervenant uniquement lors de quelques sorties sur Morane-Saulnier 406 pour la couverture et l'escorte de bombardiers. Le 10 juin 1940, le Groupe reçoit au Luc en Provence ses premiers Dewoitine 520, chasseurs exceptionnels parvenant très tardivement, mais suffisamment tôt pour permettre au GC III/6 de s'illustrer.

Le 15 juin 1940, une patrouille décolle en alerte. Pierre le Gloan, Jean Assollant et le capitaine Jacobi se portent au devant d'un groupe d'appareils italiens. Jacobi rencontrant des problèmes mécaniques, Le Gloan et Assollant doivent continuer seuls. Les deux hommes parviennent à repérer les douze Fiat CR-42 signalés, et à se placer en situation favorable. Assollant et Le Gloan abattent chacun un Fiat CR-42, avant que la formation italienne ne découvre leur présence.

Les armes de Jean Assollant s'étant enrayées, il doit également retourner au terrain, tandis que Pierre Le Gloan abat trois autres appareils au cours de la même sortie. Jean Assollant est crédité des deux premières victoires, acquises en collaboration avec Le Gloan. Après l'Armistice Jean Assollant quitte l'armée de l'Air, et réintègre ses fonctions à Madagascar. L'île se trouve alors totalement isolée : plus de réseau maritime, plus aucune aide de la métropole pour entretenir les avions. Il parvient cependant à faire remettre en état de vieux appareils, véritable prouesse sans matériaux de rechange. L'île de la Réunion est également isolée, Jean Assollant inaugure donc une ligne Tananarive-La Réunion sur Caudron Goéland le 9 décembre 1940. L'opération britannique Ironclad, aboutissant à l'invasion de Madagascar, est lancée le 5 mai 1942. Trois vagues de six torpilleurs Swordfish attaquent les navires français y étant stationnés. Le croiseur Bougainville et le sous-marin Bévéziers sont coulés, et l'Aviso d'Entrecasteaux sévèrement touché.

Le 6 mai, Jean Assollant reçoit l'ordre de rejoindre le Groupe Aérien Mixte basé à Ivato, rassemblant quelques Morane-Saulnier MS.406 et Potez 63, bien faible défense pour Madagascar. Le 7 mai, Jean Assollant est abattu et tué à Diego Suarez lors d'un affrontement avec une patrouille triple de Grumman Martlet de la Fleet Air Arm.

Il est inhumé à Ambohipo, près de Tananarive. Avec Jean Assollant, c'est une des figures majeures de l'aviation française qui disparait, auteur de grands raids des Etats-Unis au Moyen-Orient durant les années 1920, pilote de chasse de la guerre du Rif à la Bataille de France, et administrateur hors-pair, qui permit un extraordinaire développement du réseau aérien malgache qui lui avait été confié.

Sitographie : http://www.cieldegloire.com/004_assollant_j.php

Morane-Saulnier MS.406